Sortie TMS n° 1155099
Ciné/ Notre salut  

La sortie

                
Intitulé Ciné/ Notre salut
Date Lun. 5 oct. 2026 19:40
Heure max d'inscriptionLimite inscription 1 heure avant (jusqu'au 5 oct. à 18:40)
Durée prévisible Environ 2 heures
Places 5 places (actuellement 4 inscrits)
Lieu de l'activité CLERMONT FERRAND (63)
Type de sortie Cinéma - Cinéma
Sortie gratuite ? Non
Enfants acceptés ? Sortie sans enfants
Liste complémentaire acceptée ?Liste compl. acceptée ? NON  
   Access. PMR ? Oui
  Chiens OK ? Non

Organisatrice

    

Présentation de la sortie

Réalisateur : Emmanuel Marre

Genre : drame, historique
Durée : 2h39
Avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit 
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Synopsis

Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…

Pour en savoir un peu plus : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000007388.html

Critique ecranlarge.com (Source)

Henri, un vichyste qui vous veut du bien

« Le Général de Gaulle n’a-t-il pas dit que toute la France avait été résistante ? », demandait, incrédule, le OSS 117 de Jean Dujardin dans Rio ne répond plus. En 2026, ce même Jean Dujardin a été à l’affiche des Rayons et les ombres de Xavier Giannoli, auquel il est difficile de ne pas comparer Notre salut. Face aux actes de résistance de Moulin et de La Bataille de Gaulle, on ne reprochera pas au septième art francophone de s’attaquer à la collaboration et, dans les deux cas, de fuir la binarité « salaud / pas salaud » pour comprendre des trajectoires fascisantes.

Ce n’est pas parce qu’il raconte techniquement l’histoire de son arrière-grand-père (à partir des lettres qu’il échangeait avec sa femme Paulette) qu’Emmanuel Marre se montre tendre avec son aïeul. Introduit dans une soirée où sa voix met du temps avant d’être entendue, Henri est un pétainiste convaincu, doublé d’un arriviste médiocre. Sa seule chance, c’est d’être organisé, et de savoir bullshiter des dossiers pour des cabinets de conseil qui lui vaudront une place au Commissariat de la lutte contre le chômage dès 1940.

Face à une bureaucratie rendue d’autant plus chaotique par la division de la France, Henri cherche à introduire la notion encore nouvelle de management, à grands coups de lois répressives et à côté de la plaque sur des propositions d’emplois, de classement des travailleurs et autres méthodes de flicage humiliantes. En somme, un macroniste avant l’heure.

Emmanuel Marre tient justement à montrer que ce comparatif est loin d’être exagéré. Quand bien même Henri a des convictions et une admiration pour le Maréchal, sa pensée est plus celle du centre droit actuel, celui auquel on reproche de virer vers l’extrême. Son rapport à l’ordre et au « bon sens » tout capitaliste a beau se prendre le mur d’une méritocratie illusoire (il sera un éternel second, dans la hiérarchie comme sur les photos prises avec ses dirigeants), il continuera d’alimenter la machine par des compromis moraux toujours plus grands.

Banalité du rien

Cette bascule tient beaucoup à la gestion glaçante que le film a de son hors-champ. Marre se connecte au contemporain par la modernité de sa forme, prolongement de la caméra documentaire et crue de Rien à foutre, sur laquelle est vissée la lumière d’un flash. On se croirait dans la mise en mouvements de polaroïds, dans des bribes de vie prises sur le vif, où l’ellipse et la variété des situations dressent un portrait bien plus complexe d’Henri, soutenu par la retenue admirable de Swann Arlaud.

Ce décalage, maintes fois comparé dans sa mise en scène au « documenteur » de The Office, s’attache à un glissement qui s’écrit d’abord dans la gêne, dans les silences malaisants (et souvent drôles) de personnages médiocres, tous avides d’un petit pré carré d’autorité. Pourtant, Marre capte surtout, avec beaucoup de talent, des mouvements collectifs, des agrégats d’individus qui refusent de se voir comme le bétail bureaucratique qu’ils sont, privés d’une identité propre. 

Dans la première partie, la famille qu’Henri a laissée derrière lui reste hors du cadre, reflet d’un égoïsme et d’une inconscience martelée par des échanges épistolaires peut-être un peu trop systématiques. Néanmoins, cette place des mots et de leur poids est importante, puisque les compromissions se joueront souvent sur des questions de sémantique. Le « ramassage » attendu des Juifs se transformera en « rassemblement », tandis que les œillères d’Henri se fermeront sur l’horreur définitive de la collaboration vichyste, qui sera seulement décrite à partir de là.

Il y a dans Notre salut quelque chose de synthétique, voire de définitif par rapport aux autres films cannois autour de la Seconde Guerre mondiale et de ses conséquences directes. Si le protagoniste de Fatherland, l’auteur allemand Thomas Mann, espère que ses écrits et sa pensée pourront aider à reconstruire les deux Allemagne après la guerre, il est mis face à l’impuissance de sa parole, tel un vernis instrumentalisé. Peut-être qu’il faut, comme Jean Moulin, savoir se taire, avant de se retrouver vidé, dévitalisé par l’emploi d’une logorrhée managériale dont le seul pouvoir est l’euphémisation de l’horreur.

Critique abusdecine.com  (Source)

Aucun sensationnalisme, mais une radicalité indéniable, celle d’un esthétisme en 35 mm, qui éloigne son protagoniste, l’isolant par des gros plans aveuglants sur fond noir ou l’abandonnant au bord du cadre dans de grands espaces vides, là où la solitude finit par peser plus lourd que les mots. De cette histoire banale, Emmanuel Marre en tire un monument de mise en scène, un objet singulier et envoûtant, où l’on plaque des musiques modernes sur des images d’archives, où l’on danse en pleine réception mondaine, et où l’on rit de l’impensable. L’effet est vertigineux, on se croit par moment dans "The Office", les contours de la reconstitution d’époque sont éclatés : ridicules et glaçantes à la fois, indéniablement hypnotiques, plusieurs séquences agissent comme un électrochoc, comme des diatribes comiques égarées dans un drame procédurier.

Si le métrage est autant une réussite, c’est aussi beaucoup grâce à la prestation magistrale de ses acteurs, Swann Arlaud en tête. En homme ordinaire au costume trop grand pour lui, il traverse tous les états, de la jalousie à la honte, de l'arrogance à une certaine prise de conscience progressive, sans jamais chercher notre sympathie ni condamnation facile de la caméra. À ses côtés, Sandrine Blancke incarne une Paulette d'une justesse remarquable, dans un rôle ô combien important de par le regard qu’elle porte sur les situations et le décalage avec son conjoint.

Certes, 2h39 demandent de la patience, et quelques longueurs peuvent se faire ressentir ici ou là, mais son Prix du scénario à Cannes n'a rien d'usurpé : "Notre Salut" est l'un des films français les plus osés de l'année. C’est aussi l’une des œuvres les plus troublantes sur la façon dont un être ordinaire peut finir par faire fonctionner l'horreur, précisément parce que l’ensemble nous garde sur la bonne pente, celle de la conscience qu’à chaque instant, quelqu’un aurait pu choisir autrement, sans démonstration particulière de courage. Le grotesque du début finit par se retourner en malaise, rien ne devient plus drôle, et le film de demeurer dans nos esprits pour de nombreuses semaines, voire plus…

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TARIF : chacun gère l'achat de son ticket

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Je serai là vers 19h30 /  RV au plus tard à 19h40

La séance commence à 19h45

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 Info  TMS    En publiant cette sortie, Lyylyy s'est engagée à respecter la charte des organisateurs.
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